On y est. Les cotillons sont ramassés. Les vœux hypocrites sur LinkedIn (« Je vous souhaite beaucoup de bienveillance« ) commencent à s’estomper. La galette des rois a été mangée. Le silence retombe. Et la réalité reprend ses droits.
Quelle réalité ? Celle d’un monde qui va encore plus vite. D’une économie qui se tend. D’une pression qui s’accroît. Si tu regardes en arrière, 2025 a probablement été pour toi une année de compromis.
Sois honnête avec toi-même une seconde : combien de fois as-tu dit « oui » alors que tout ton corps hurlait « non » ? Combien de projets as-tu repoussés par peur de ne pas être parfait ? Combien de fois as-tu laissé les autres (ton boss, tes clients, ta famille, l’algorithme) décider de ton agenda à ta place ?
Si tu as senti cette frustration, cette « détresse décisionnelle » dont je parle souvent, c’est normal. Tu as joué le rôle du spectateur. Tu as regardé le match de ta propre vie depuis la tribune, en espérant que le score tourne en ta faveur.
J’ai une mauvaise nouvelle : en 2026, si tu gardes les mêmes règles, tu auras le même résultat. La fatigue. L’hésitation. Le sentiment de subir.
Il est temps de descendre sur la pelouse. Il est temps de changer de maillot. Il est temps de passer de « celui qui subit le jeu » à « celui qui garantit le cadre ».
Voici ton Manifeste pour 2026. Pas de résolutions bidons. Juste 4 lois martiales pour reprendre ta souveraineté mentale.
Loi N°1 : la « Not-To-Do List » (l’art de l’expulsion)
Sais-tu pourquoi 95% des résolutions du Nouvel An échouent avant le 15 février ? Parce que ce sont des additions. « Je vais faire plus de sport », « Je vais lire plus », « Je vais lancer ce projet ».
C’est une erreur tactique majeure. Ton emploi du temps est déjà plein. Ton cerveau est déjà saturé. Ajouter de nouvelles ambitions sur un système saturé ne crée pas de la réussite, cela crée de l’anxiété.
L’arbitre ne commence pas le match en ajoutant des joueurs. Il commence en posant des limites. L’étymologie du mot « décider » vient du latin decidere, qui signifie « couper, trancher, tuer ». Décider, c’est accepter de perdre. C’est accepter de tuer une option pour en faire vivre une autre.
Pour 2026, je t’interdis de faire une « To-Do List ». Je te demande de faire une « Not-To-Do List ».
La performance, ce n’est pas ce que tu fais en plus. C’est ce que tu arrêtes de tolérer. Identifie les 3 « vampires » que tu as laissés entrer sur ton terrain en 2025 et expulse-les.
- Vampire professionnel : ce client qui paie mal et te parle mal ? Ce projet qui traîne et te vide ton énergie ? Carton Rouge. On arrête. Maintenant.
- Vampire personnel : cette obligation sociale de voir des gens qui ne t’intéressent pas ? Carton Rouge.
- Vampire digital : cette habitude de scroller dans ton lit au réveil ? Carton Rouge.
Le courage, ce n’est pas de commencer. C’est d’arrêter. Qu’est-ce que tu arrêtes aujourd’hui ?

Loi N°2 : détruis ton tableau d’affichage externe
Nous vivons sous une dictature invisible : celle du Score Externe. Depuis l’école, on nous a dressés à regarder les autres pour savoir si on avait de la valeur. Les notes du prof. Le regard des parents. Les likes sur Instagram. Le feedback du N+1. Le chiffre d’affaires comparé au concurrent.
Le problème du Score Externe, c’est qu’il est incontrôlable. Tu peux faire le meilleur match de ta vie, être juste, intègre et compétent… et te faire huer par le public parce que ta décision ne les arrange pas. Si ton estime de toi dépend des applaudissements, tu es une marionnette. Tu es esclave de l’humeur des autres.
J’ai passé du temps avec l’élite mondiale de l’arbitrage (les Turpin, les Poite, les Bonaventura…). Eux ne peuvent pas se permettre ce luxe. S’ils attendaient d’être aimés pour siffler, il n’y aurait jamais de match.
Ils ont basculé sur le Score Interne. Le Score Interne, c’est ta propre boussole. C’est ton propre cahier des charges.
- « Est-ce que j’étais préparé ? »
- « Est-ce que j’ai appliqué mes valeurs ? »
- « Est-ce que j’ai été courageux ? »
Si la réponse est OUI, alors c’est une victoire. Même si le client gueule. Même si ton équipe fait la tête. Même si tu perds un abonné. En 2026, ne te demande plus « Est-ce qu’ils vont m’aimer ? ». Demande-toi : « Est-ce que je vais me respecter ? ».
Loi N°3 : l’impopularité est un filtre (pas un défaut)
C’est le cœur de mon livre, et c’est la leçon la plus dure à avaler. Tu as peur de déplaire. C’est biologique. Ton cerveau reptilien associe « être rejeté par le groupe » à « mourir seul dans la forêt ».
Mais dans le monde moderne, chercher le consensus à tout prix est la route directe vers la médiocrité. C’est ce que j’appelle le consensus mou. On ne décide rien, on arrondit les angles, on dilue la responsabilité.
En 2026, tu vas devoir accepter d’être impopulaire par moments. Attention : je ne te dis pas d’être un tyran ou un connard. Je te dis d’être Juste.
Et être juste, c’est parfois frustrer les gens à court terme pour les protéger à long terme.
- Dire « Non » à une demande urgente de ton boss pour préserver la qualité de ton travail, c’est risquer d’être impopulaire 10 minutes. Mais c’est gagner son respect pour 10 ans.
Vois l’impopularité comme un Filtre. Quand tu commences à t’affirmer, à poser tes limites, à dire ce que tu penses vraiment :
- Les profiteurs s’enfuient (ils ne peuvent plus te manipuler).
- Les médiocres te critiquent (tu les renvoies à leur manque de courage).
- Les Leaders te respectent (ils reconnaissent un pair).
Laisse partir les premiers. Garde les derniers.
Loi N°4 : la routine du vestiaire
Un arbitre ne court pas sur le terrain sans s’être échauffé. Toi, tu le fais tous les matins. Tu te réveilles, tu attrapes ton téléphone, et BOOM. Tu te prends les urgences du monde, les mauvaises nouvelles et les demandes des autres en pleine figure. Tu commences ta journée en réaction. Tu as déjà perdu le contrôle du match.
Cette année, installe un sas de décompression. Ton « Vestiaire ». Prends 10 minutes chaque matin, sans écran. Pose-toi 3 questions d’arbitrage :
- L’intention : « Quel est le match que je veux jouer aujourd’hui ? » (Suis-je en mode attaque, défense, construction ?)
- L’obstacle : « Qu’est-ce qui va essayer de me faire sortir de mon match ? » (L’impatience ? La fatigue ? Ce collègue toxique ?)
- La règle : « Quelle est la règle non-négociable que je vais appliquer ? » (Exemple : « Aujourd’hui, je ne dis oui à rien sans avoir pris 1h de réflexion »).
Si tu prépares ton cerveau, tu ne subis plus l’imprévu. Tu le gères.
Le sifflet est entre tes mains
2026 ne sera pas une année calme. Le bruit va augmenter. Les distractions vont se multiplier. L’IA va brouiller les pistes. On aura plus que jamais besoin de piliers. On aura besoin de gens solides, capables de trancher dans le vif, de rassurer par leur calme et d’assumer leurs choix.
Tu as le choix. Tu peux rester en tribune, à commenter l’actualité, à te plaindre du score et à attendre que ça passe. Ou tu peux descendre sur le terrain.
Prendre le sifflet, ce n’est pas devenir un chef qui donne des ordres. C’est devenir l’adulte dans la pièce. Celui qui protège le jeu.
Mon livre n’est pas fait pour prendre la poussière. Il est fait pour être ton manuel de terrain. Alors, inspire un grand coup. Redresse les épaules. Et donne le coup d’envoi de TA meilleure année.
Bon match,
– Jérémy